dimanche 25 décembre 2016

L'exposition " POROSITÉS"




Imaginer une matière dont la texture est relativement poreuse, formée d’agrégats irrégulièrement disposés et turbulents, d’esquisses ou aspects imprécis, laissant un je ne sais quel espace pour un peu d’air et de lumière. Et qu’importe qu’elle soit épaisse ou ne, de chair ou de poussière, si elle suggère l’idée d’impressionnabilité de l’homme dans l’immédiateté de l’expérience naturelle. Imaginer une telle matière, qui pourrait être celle des images que nous apprécions pour leurs qualités photosensibles, celle des pores de la peau, des alvéoles pulmonaires, du papier sur lequel on imprime des mots, des instants. Ces instants qui n’ont de valeur que dans la fugue, la fuite. Celle d’une matière, d’un état, d’une sensibilité. L’huile qui se disperse et imprègne une pierre grain par grain, la cire d’abeille dont les mues ne s’obtiennent que lorsqu’elle et l’huile ne peuvent plus fusionner, la peau, recouverte, ou découverte, par une autre qui ne sent plus ni le chaud, ni le froid.
Imaginer un lieu, l’espace d’un échange, une rencontre, un rapprochement, le lieu d’un dialogue entre l’art, la science, la vie, un dialogue entre l’expérience et l’expérimentation. Un dialogue entre nous. Entre les forces qui nous animent, la stupeur, le désir, l’ivresse, le doute, la déception, la frustration, la joie, l’inquiétude. Un dialogue entre un projet de recherche scienti que sur les lois de l’attraction en physique et les discours amoureux. Nous ne saurions dé nir l’amour avec raison sinon en en éprouvant sa faculté à rapprocher, à se dépasser, à s’élever. Monter la porosité du corps à la lumière, à l’autre. 


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